24 décembre 2008
Je rushe, tu rushes…
Ca y est, je viens tout juste de terminer les cadeaux de Noël ! Comme tous les ans, j'ai pris mon temps, sans m'affoler. Bon, faut dire que le plus gros était déjà fait depuis... avant-hier ! Mais même à la dernière minute, pas question de s'énerver. En fait, je vais le dire comme je le pense: j'ai géré. Grave. Si si. Je ne me vante pas. Y'avait qu'à me voir aujourd'hui à la Cité Europe : l'esprit léger, le pas insouciant, la démarche tranquille. Tout en moi respirait la sérénité. Zen à cent pour cent. On aurait presque dit que je venais narguer les gens qui, tout autour de moi, s'affolaient, criaient, que dis-je, hurlaient, s'arrachaient les cheveux de désespoir, imploraient le ciel de leur donner une idée, se frappaient la tête contre les piliers du centre commercial, tout simplement éreintés par des semaines entières à arpenter les galeries marchandes en long, en large et en travers, et même - si si, j'en ai vu - à cloche-pied en reculant... Pauvres gens, vraiment…
Mais, revenons à l’essentiel : moi. Pas question de « rush »,
donc, me concernant. Et pour arrêter de me jeter des fleurs, même si, il faut bien l’avouer, je les mérite bien plus que n’importe qui, pour être tout à fait honnête, je pense que les médias nous mentent. En effet, comme vous l’aurez compris, je me suis rendu ce matin dans les magasins afin de procéder – oui, je procède, moi – à mes derniers achats de Noël. Et quelle ne fut pas ma stupeur, quels ne furent pas mes tremblements, quand je m’aperçus que les personnes dont je croisais le chemin dans les magasins ne semblaient pas particulièrement pressées ! Personne – sauf un, qui n’était pas moi, j’aimerais qu’on soit clair là-dessus. Non mais oh, vous ne savez pas lire ou quoi ?! – pour courir dans tous les sens, pour pester en soi-même contre la lenteur des caissières ou le "monde fou dans les magasins !", ou bien pour récapituler à voix basse la liste des "proches-pour-qui-j'ai-acheté-ceci-il-me-reste-donc-à-acheter-un-cadeau-pour-lui-elle-et-eux-t'as-pas-une-idée?"
Bref, pas de « rush » pour personne ! Et d’ailleurs, tellement pas de « rush » qu’il n’y avait personne ! Pas de « rush » pour personne et personne pour « rusher » : mais il est passé où le « rush » ????!!!!
Alors, bien sûr, on va encore nous ressortir les mêmes excuses bidons : pouvoir d’achat en baisse, attaque terroriste de l’ultra gauche contre les sonneries de réveil des Français, le paquet fiscal, le « travailler plus pour gagner plus » et même la suppression de la publicité dans l’audiovisuel public. Mais moi je dis non ! Je m’insurge, et très fort encore !
Et je ne vois qu’une solution pour que la vérité jaillisse : s’en remettre à Lilly.
***
Ceci étant dit, je vous souhaite de passer un joyeux Noël !!!
Les photos de ce post ont été trouvées ici :
http://www.tendancehightech.com/blog/images/general/joyeux-noel.jpg
http://zgur.20minutes-blogs.fr/media/00/01/dffedd3257a13b4cb72c095063220d8a.jpg
http://hobartdaily.com/pictures/mar08/empty.jpg
http://subjectif.photo.free.fr/images/SableSapin.jpg
http://www.freemages.fr/album/divers/noel_boules_guirlandes.jpg
01 décembre 2008
Je me prends pour un critique de cinéma : mon opinion sur La très très grande entreprise.
Il y a deux semaines, retour à Boulogne pour quelques jours en famille. Immanquablement, le samedi soir se déroule au cinéma avec Christophe. Film du jour : La très très grande entreprise, de Pierre Jolivet, avec Roschdy Zem, Jean-Paul Rouve, Marie Gillain et Adrien Jolivet dans les rôles principaux.
Le choix s’est fait un peu par hasard et pas mal par défaut : mon petit (une grande salle et cinq « salons ») cinéma de centre-ville, auquel je tiens plus que tout, ne propose pas de séance en soirée de La bande à Baader ou de Bouquet final; quant à Vicky Christina Barcelona, il n’est même plus à l’affiche. Il y a Quantum of Solace… James Bond et son sens de l’humour, James Bond et son talent de séducteur, James Bond et son incroyable faculté à sortir des pires situations sans même être décoiffé. Sauf que j’entends des choses inquiétantes : James Bond aurait troqué son côté so British pour les biscottos de Conan le Barbare… Sacrilège ? Je ne sais pas. On verra ça… Plus tard… Ce samedi soir, mon humeur est à l’humour.
La très très grande entreprise, donc.
C’est une histoire bien dans l’air du temps : Zacharrias, Mélanie, Denis et Kevin sont au chômage. La raison ? L’usine locale de Naterris, très très grande multinationale d’agro-chimie, vient de fermer, provoquant la faillite de tous ses sous-traitants du coin. Mais, si l’usine a fermé, ce n’est pas pour délocaliser son activité dans un pays où la vie est moins chère ; c’est parce qu’elle a été reconnue coupable devant la justice de pollution industrielle (pollution elle aussi responsable de perte d’emplois), après toute une série d’expertises, de contre-expertises et des tonnes de feuilles de papier gâchées (‘l aurait mérité aussi d’être châtiée pour génocide sylvestre tiens !)…
Qui dit coupable, dit condamnation. Le riche donne donc aux pauvres. Mais pas grand-chose. Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de Naterris… Et quand en plus l’avocat se met à préférer les merles…
Du coup, nos amis décident de prendre les choses en mains et de se la jouer justiciers. Leur mission (impossible ?) ? Trouver un élément nouveau qui leur permettra de faire appel de la décision de leur procès et d’espérer une indemnisation plus forte. Leur solution ? Infiltrer Naterris en se faisant engager au siège social de la boîte, là où ils ont le plus de chance de trouver le document qui prouvera la malhonnêteté …
C’est donc sous couverture que nos trois compères (le quatrième larron, lui, reste en retrait), déguisés en agent de sécurité, femme de ménage et serveur, se lancent à l’assaut de la très très grande entreprise.
Ce que je n’avais pas encore dit, c’est qu’ils disposent d’un mois chrono pour accomplir leur mission.
D’épisode en épisode – certains drôles [Roschdy Zem qui prend la DRH (?) pour une James Bond girl], d’autres pas du tout (la mort du compagnon de X) – nos quatre fantastiques (qui finissent par être trois, car – mais on n’en comprend pas l’intérêt avant la fin – le quatrième se casse en Inde sur un coup de tête) tissent leur toile et, patiemment, se rapprochent de leur cible.
Jusqu’au jour où :
Et je m’arrêterai là pour l’histoire…
Bref, La très très grande entreprise, ça ressemble plus à un film d’espionnage qu’à une comédie pure.
Même si, dans les vrais films d’espionnage, les héros ne sont pas des amateurs.
Même si, dans les vrais films d’espionnage, on fait finalement peu de cas des relations entre les personnages. Celles-ci sont superficielles, elles ne comptent pas. Elles ne sont que des gadgets au service de l’action.
Ici, au contraire, c’est aux relations humaines qu’on s’attache. C’est l’espionnage qui devient un prétexte.
Les personnages n’ont rien de héros, même s’ils ne sont pas ordinaires. L’arabe, le jeune, la femme, l’homo qui tiennent le haut du pavé, ce sont les « sous-représentés politiques » qui entrent en révolte. Ils font la nique à leur destin, en même temps qu’ils font la guerre à ce qui semble implacable à beaucoup : la très très grande entreprise et le capitalisme financier tout puissant.
On pense alors à Erin Brokovitch, pour le côté battant, pour la dénonciation de la grande entreprise qui pollue sans se soucier des conséquences.
Mais non.
Ici, le happy ending, ce n’est pas un visage embué par les larmes quand arrive un chèque de quelques millions de dollars.
Ici, les rêves se réalisent aussi, mais ils sont plus humains (la mauvaise langue que je suis pourrait dire que c’est là la différence entre le rêve américain et le rêve français).
D’ailleurs, tout semble plus humain dans ce film. A tel point que les méchants eux-mêmes ont du mal à paraître démoniaques.
Certains diront que le film manque d’ambition, de souffle, qu’il est trop gentillet. Moi je dirais plutôt qu’il est propre et sans prétention. On n’en garde pas un souvenir impérissable, mais on ne peut pas le détester.
24 novembre 2008
Stéphane Guillon - Dernière minute (France Inter - 24/11/2008)
Pour ceux qui sont des habitués de France Inter, ce ne sera pas une découverte. Voici la chronique que Stéphane Guillon a faite ce matin sur les ondes de la station. Il était déchaîné ! Il est vrai que, en ce moment, ce n'est pas l'inspiration qui manque...
Dernière minute
Vidéo envoyée par franceinter
***
Et comme le fait remarquer sofoot.com, le match de dimanche n'a pu, lui non plus, apporter de réponse dans la lutte entre Martine et Ségo. En effet, Marseille (fédé des Bouches-du-Rhône, pro-Royal) et Lille (fédé du Nord, pro-Aubry) se sont séparés sur un score de parité (2-2).
Y'a pas à dire, quand ça veut pas, ça veut pas...
20 novembre 2008
Le double choc
J'avais fait une capture d'écran de cette une sur le site www.lemonde.fr, lundi (17/11/2008, vers 13h22), sans trop savoir ce que j'en ferai par la suite.
Et puis, en la regardant à nouveau tout à l'heure, j'ai repensé à mon sentiment quand je l’ai découverte.
J'ai reçu un double choc.
Un premier, émotionnel, en lisant la « dernière minute » : qu’un député se suicide après avoir commis un meurtre, ça m’a secoué, parce que, naïf que je suis, je ne m’imaginais pas qu’un représentant du peuple puisse user de la violence physique.
Un second, ensuite. Plus intellectuel celui-là, en apprenant le revirement de Delanoë et sa décision, finalement, après avoir dit que non, il ne prendrait pas parti, de soutenir Martine Aubry pour l’élection au poste de premier secrétaire du PS.
Cette violence-là – c’est-à-dire celle des manœuvres et des alliances de dernière minute – on s’y attend plus de la part des politiques, JE m’y attends plus de la part des politiques. On sait que ça fait partie du jeu ; que, à moins d’être naïf, la politique n’est pas faite que de nobles idéaux et de bonnes idées.
Mais quand cette violence est exercée par quelqu’un qui vous est sympathique et qu’on imaginait au-dessus de ça, quand il semble que cette violence soit plus guidée par l’envie de faire barrage à quelqu’un d’autre (Ségolène Royal, pour ne pas la nommer) que par conviction politique, on a vraiment du mal à s’y faire.
Bref, par la violence du fait divers, je suis choqué et troublé.
Par la violence du fait politique, je suis choqué… et déçu.
A votre avis, c’est quoi le pire ?
19 novembre 2008
Sifflets du Stade de France, le retour ?
France - Uruguay : comme face à la Tunisie ? (Photo AFP)
Entendue sur France Inter ce matin, l'inquiétude des journalistes à propos du match de football France-Uruguay de ce soir au stade de France. Non, celle-ci ne concernait pas les blessures en cascade qui affectent le secteur défensif de l'équipe de France. Elle ne concernait pas non plus la baisse de forme de Steve Mandanda et son éventuel remplacement par Hugo Lloris dans les cages de l'équipe nationale. Elle concernait encore moins l'avenir du sélectionneur Raymond Domenech à la tête de l'équipe de France (qui aurait dit cela il y a un mois ?!).
Non, rien de tout ça. La seule crainte des journalistes de France Inter ce matin à propos de ce France-Uruguay, c'était l’éventuel retour des sifflets dans les travées du stade au moment de la Marseillaise…
Alors là, je me pose une question : sont-ils vraiment sérieux ?
Imaginent-ils une seconde que les Uruguayens vont huer notre hymne national ?
Mais pour quelle raison le feraient-ils ?
Je n’en vois que trois :
1) Un contentieux sportif. Dans ce domaine, ce serait plutôt à nous d’en vouloir aux Uruguayens. Explications : lors du dernier affrontement entre les deux équipes, en Coupe du Monde 2002, les Uruguayens ont multiplié les mauvais gestes – on rappellera notamment le tacle très musclé de Dario Silva sur Patrick Vieira à la 44ème minute – sans qu’aucun d’eux ne soit expulsé. Et puis, mince alors, ils auraient quand même pu se laisser battre, on aurait encore eu une chance de se qualifier pour les huitièmes de finale !
2) Un problème d’immigration et d’intégration en France. Il est vrai que le nombre d’immigrés uruguayens en France est très supérieur à celui des Tunisiens, des Marocains ou des Algériens. Comment avais-je pu l’oublier ! … Non, franchement, les chiffres publiés par le site du Ministère des Affaires étrangères montrent que la communauté uruguayenne en France est d’environ 2000 personnes… soit 0.05% des quelque 3.47 millions d’étrangers (5.7% de la population française) qui vivent en France, selon l’Insee (statistiques de 2005). Je sais qu’on n’est pas franchement accueillants, mais de là à ce qu’il y ait, en une journée, une immigration uruguayenne de masse qui, à peine arrivée, ne soit pas contente de son intégration…
3) Une blague. Peut-être les Uruguayens sont-ils les plus grands déconneurs de la Terre ? Peut-être – il faudrait réaliser un sondage sur la question – suivent-ils l’actualité française avec religiosité ? Peut-être – là aussi, sondage ! – ont-ils, en particulier, prêté une énorme attention aux incidents du match France-Tunisie et aux déclarations qui ont suivi ? Peut-être, en conséquence de tout cela, ont-ils envie de voir si, dans le cas de sifflets intempestifs à l’encontre de notre hymne, l’équipe de France quitterait le terrain et déclarerait forfait, suivant en cela les conseils éclairés de notre non moins illuminée ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, Roselyne Bachelot ? Peut-être…
Reste à savoir si ces raisons sont plausibles.
Il y en a, en tout cas, qui se sont interrogé très sérieusement sur le sujet. Au sein du gouvernement, en effet, la question a visiblement été posée et la réponse, longuement réfléchie. J’en veux pour preuve cette dépêche, lue ce matin sur le site lequipe.fr :
Il avait déjà annoncé son intention de quitter la tribune avant France-Tunisie en cas de sifflets pendant «la Marseillaise», mais malgré le tohu-bohu qui avait fait grand bruit, il s'était finalement ravisé. Cette fois, en cas de nouvelles fortes manifestations d'incivisme lors de France-Uruguay, le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte devrait bien honorer sa parole. Selon son entourage, sa décision dépend toutefois de l'ampleur des débordements. «Il y a une gradation entre trois provocateurs qui sifflent dans une tribune et la situation de France-Tunisie», a-t-on indiqué au secrétariat d'Etat. S'il devait y avoir une situation comparable, il (Bernard Laporte) quitterait le stade».
Réponse qui, comme vous le constatez, montre les progrès réalisés en quelques semaines par Bernard Laporte dans l’apprentissage de la politique : au lieu de s’exprimer lui-même, il laisse désormais la parole aux membres de son cabinet. De ce fait, la réponse ne paraît pas idiote, mais mesurée. Autre bon point pour lui : grâce à cette réponse, il apparaît comme un homme qui anticipe les problèmes et non comme un homme qui se contente de réagir aux événements. Bref, c’est officiel : Bernard Laporte est devenu un véritable homme politique !
Ainsi donc, je dois m’incliner : devant Bernard Laporte, mais aussi devant France Inter, qui a eu raison de se poser la question.
Pardon, pardon, je dis vraiment des choses absurdes parfois.











